Mon intention : DONNER DU SENS

Ce matin, après une nuit très courte, je me suis assise au bord du lit de mon deuxième. J’ai attendu qu’il émerge doucement de sa nuit trop courte pour lui aussi.

 

Je lui explique mon intention, ma démarche. Je veux parler de son histoire, de notre histoire. Et c’est encore un peu dans sa nuit qu’ il me donne son accord. Tu ne le sais pas encore mais Merci mon fils parce qu’en me donnant ton autorisation tu me permets de livrer ton histoire qui peut être trouvera écho chez une autre personne, un autre enfant. Et si une seule personne peut libérer sa parole alors tu auras cette victoire sur ce qui t’arrive.

 

Pas facile de se mettre à nu, pas facile de se livrer quand on a tendance à chercher l’ombre plutôt que la lumière mais chez moi c’est viscéral. Je ne peux concevoir qu’une épreuve de la vie ne reste qu’une épreuve de la vie. Etre dans la résilience, trouver du sens, partager et livrer au monde une histoire qui ne m’appartient plus tout à fait, voilà ma dynamique après deux années d’errance et d’incompréhension.

 

Les bons moments dans notre vie, la joie, l’amour, le partage : on le voit partout, on l’expose, on en fait de belles images pour les partager sur notre compte Instagram. En cela rien de mal. Et les mauvais ou en tout cas les épreuves que chacun de nous traversons durant notre vie sont relégués tout au fond du fond de notre être. Parce que oui, la colère, la honte, notre imperfection ne s’expose pas au grand jour. C’est pas glamour. Et pourtant !

 

Et pourtant c’est dans ces moments là que l’être humain peut se révéler à lui-même. C’est dans ces moments là que l’être humain peut saisir l’opportunité de devenir une meilleur version de lui-même. Quand dans notre société tout doit être obtenu dans l’immédiateté, cette évolution ne se fait que grâce au temps qui passe ….et dans la douleur si on est dans l’idée d’aller plus vite que la musique. Ca a été mon cas.

 

Baptiste à été victime de harcèlement scolaire de la fin de sa 6ème jusqu’au milieu de sa 5ème. Il est en théorie en 4ème. Il y a maintenant deux ans que cela s’est produit et il est aujourd’hui déscolarisé et désociabilisé. Il n’y a pas encore de Happy end à son histoire mais il est sur le bon chemin.

 

Quand on parle de harcèlement scolaire, on peut entendre les enfants ou les parents parler de l’épisode en lui-même ou de leur victoire sur ce qu’ils ont vécu ou malheureusement quand l’enfant se donne la mort mais entre temps, ce temps de reconstruction, on n’en parle pas. Parce que croyez moi ce n’est pas un long fleuve tranquille.

 

Et de tout ça je veux que Baptiste en fasse une force, que ça ne reste pas simplement une épreuve dans sa vie. Je vous le concède, je projette ma carte du monde mais putain, ce n’est pas eux qui vont gagner. Cette histoire ne doit pas conditionner le reste de sa vie.

 

Alors oui j’ai besoin d’y mettre du sens dans toute cette merde parce que sinon c’est trop facile. Et aujourd’hui je suis prête.

NO COMMENTS

POST A COMMENT