Ce jour où la parole a été libérée

C’est par un simple appel du CPE du collège de Baptiste me demandant de venir le chercher que la réalité de son quotidien nous a pète à la tronche.

 

Le CPE m’explique que Baptiste s’est fait « embêter » par deux enfants et qu’il ne se sent pas bien. Petit détail qui m’avait interpellé à ce moment là : il ne voulait pas nous dire qui était ces deux garçons et rien non plus sur les agissements proprement dit.

 

Sur le chemin de la maison, pas un mot de sa part. Il est fermé à toute discussion. D’ailleurs ça fait un petit moment que son comportement à changer, subtile mais certain. Avoir un échange avec lui devient de plus en plus compliqué, il s’emporte plus facilement, il est soucieux. Je le vois, l’interroge mais sans avoir de réponse à ce qu’il vit.

 

Ce soir là, dans la salle de bain, à m’occuper de ma dernière, Baptiste se présente à moi, le pantalon baissé sur les chevilles, pour me montrer l’énorme hématome qu’il a sur la cuisse.

 

Rien qu’en écrivant ces mots j’ai la boule au ventre et la gorge serré tant ce que l’on va découvrir après me révolte encore.

 

Quelques jours auparavant, Baptiste qui a finit sa journée d’école, sort de l’établissement pour aller à son arrêt de bus sans remarquer que 4 garçons le suivent de près (les deux garçons, des jumeaux, qui « l’embêtent » ainsi que deux de leur copains).

 

Ils accélèrent le pas jusqu’a être à son niveau. Les copains des jumeaux attrape Baptiste par les bras et l’entraine dans une ruelle. Baptiste se débat mais ses mains sont maintenues très fort contre le mur. Il a mal et se sent impuissant. Les jumeaux commence à le battre, lui donne des coup de pied, des coup de poing. Et ça n’en finit pas. Pas un mot n’est échangé durant ce tabassage. Ils ont finit par le lâcher et partir laissant Baptiste derrière eux, à terre.

 

Il est resté là, par terre, seul et hébété dans cette ruelle de très longue minute avant de reprendre ses esprits. Je donnerais tout pour pouvoir être à ses côtés à ce moment précis. Mais c’est impossible.

 

Cet évènement à été le point d’orgue à de long mois de harcèlement moral et physique.

NO COMMENTS

POST A COMMENT