La semaine dernière, nous avons vu les 5 premières méthodes pour mieux décider au quotidien. Cette semaine, c’est les 6 dernières méthodes.

6 – ET SI VOUS PROCRASTINIEZ (UN PEU) ?

Soumis à une émotion forte, claqué après une journée de travail, perturbé par une remarque ou une nouvelle désagréable ? Surtout, on ne prend aucun décision !

« Le stress et l’accumulation de tâches limitent l’efficacité du cerveau, note Bernard Anselem. Les capacités d’attention et de charge mentale de ce dernier sont comme un muscle : on peut être très bon, voir le meilleur, mais on a tous des limites. » Et de filer la métaphore sportive :  » On en peut pas demander à un sprinter de courir au maximum de sa puissance sur le parcours d’un marathonien. » La solution : se ménager des pauses, repousser à plus tard, voire au lendemain, les décisions complexes. « Après une nuit de sommeil, les connexions neurones seront meilleures » affirme le neuropsychologue.

Si la prise de décision rapide est valorisé en entreprise, ce n’est pas toujours une pratique idéale. « Les temps de réflexion et les arrêts sur images sont nécessaires pour opérer un choix éclairé », conclut Laurent Falque.

7 – ADOPTEZ LA POSTURE DU BARREUR

 » Selon les situations, un individu va être influencé par le regard des autres, par ses peurs et ses inhibitions. C’est ce que j’appelle le « gendarme intérieur », analyse Laurent Falque, de l’Icam. La bonne posture à adopter est celle du barreur : garder l’oeil sur tout. »

Métaphore efficace pour déterminer l’attitude que chaque manager devrait avoir face aux alternatives qui se présentent : « Un barreur doit prendre en compte tous les éléments de la situation (l’environnement), l’état du bateau (lui et son équipe) et poser ses options en fonction des uns et des autres ».

Adopter la posture du barreur suppose donc de s’arrêter, de douter et d’assumer parfois de changer de cap : « Douter est une chance, assure Laurent Falque. Cela donne l’occasion de clarifier la finalité de son choix. »

8 – ECOUTEZ VOS ENERGIES VITALES

Maxime Coignard, coach et fondateur de Diadem Coaching, utilise une méthode imparable pour savoir si le choix qu’il vient de faire est bon pour lui : il s’écoute.  » Si après avoir pris une décision, on ressent un vide intérieure, une fatigue immédiate une absence d’énergie vitale, c’est probablement que ce n’était pas la meilleure solutions pour nous », affirme-t-il.

Même constat pour Laurence Luyé-Tanet, business coach et auteure d’ouvrage à succès sur le développement personnel : « Pour faire un bon choix, il faut être reconnecter avec ce que l’on veut vraiment, avec notre force de vie. Ça, ça ne peut pas nous tromper. »

David Lefrançois, coach star sur Youtube et formateur à l’Institut des neurosciences, confirme : « Est-ce que cette décision pompe mon énergie ou au contraire l’augmente ? Cela n’a l’air de rien, mais c’est un excellent critère pour savoir si elle est bonne ou pas. » prenez 5 minutes de pause et ressentez ce qui se passe en vous.

9 – ADOPTEZ UNE DOUBLE, VOIRE UNE TRIPLE PERSONNALITE

 » Quand il est vraiment très difficile de choisir entre deux solutions, une bonne méthode consiste à se glisser pour quelques heures dans la peau de quelqu’un qui aurait pris la première option, propose Bernard Anselem. Puis à se mettre à la place de celui qui aurait fait l’autre choix. »

Ce jeu de rôles intérieur invite à envisager des conséquences auxquelles on n’airait pas pensé intuitivement, affirme le neuropsychologue.

David Lefrançois, coach, suggère, lui, de s’opposer à soi-même :  » Il faut se demander ce que déciderait la version la plus grandiose de soi. » Objectif : inciter les pessimistes, les frileux et les paresseux à se projeter dans une vision positive d’eux-mêmes et à considérer des choix plus osés qu’à l’ordinaire.

10 – IMAGINEZ LE PIRE …..ET LE MEILLEUR

 » La plupart des gens préfèrent le malheur à l’incertitude, souligne Alexis Santin, fondateur d’Altitude Coaching. Il sera toujours plus facile pour eux de sélectionner une mauvaise option plutôt que d’affronter leur peur de l’inconnu… »

Pour tenter de rationaliser ces appréhensions, le coach préconise de réfléchir aux « PCP » : les pires conséquences possibles. Sur quel désastre pourrait déboucher ce choix ? Quelles en serait la probabilité ? Est-ce un risque acceptable par rapporta gain potentiel ?

« Dans la plupart des cas, on se rendra compte que la probabilité du pire est minime et que le risque est acceptable », note le coach.

Maxence Walbrou, facilitateur d’intelligence collective et auteur du site BLoculus, prône une technique de mentalisme : le 10/10/10. Il explique : « Si je prends cette décision, qu’est ce que j’en penserai dans 10 minutes, dans 10 mois, dans 10 ans ? » Cette simulation mentale, en nous projetant dans l’avenir, nous permet de dédramatiser le choix immédiat et de réfléchir avec plus de lucidité : « Garder un individu néfaste dans mon équipe pour de mauvaises rasions, je peux l’assumer pour les dix minutes qui suivent. Mais dans 10 mois ? »

11 – FAITES-LEUR PORTER SIX CHAPEAUX

Edward de Bono, célèbre psychologue maltais, médecin et spécialiste en sciences cognitives, a développé dans les années 1960 le concept de la pensée latérale. Soit la capacité à penser sous plusieurs angles, hors du cadre, le fameux « out of the box » tant prisé par les pilote du changement. Pour y parvenir, il a imaginé la méthode des 6 chapeaux.

Prenez 6 couvre-chefs de couleurs différentes, représentant chacun un mode de pensée. Portez-les l’un après l’autre ou faites-les porter aux membres de votre équipe en leur demandant d’adopter le mode de pensée lié à leur chapeau.

Le blanc représente l’information brute – chiffres, data, etc. Le rouge correspond aux émotions, à l’intuition et aux pressentiments. Le noir symbolise la critique négative. Le jaune recouvre le champ du rêve, de l’idéal, des idées folles et de l’optimisme. Le vert figure la créativité et la provocation. Enfin le bleu est attribué au meneur de jeu, qui fait circuler les autres chapeaux. Selon Jean-marc Terrel, créateur de Coacheo (positionnement marketing) : « Cela permet d’évaluer les effets d’une décision de plusieurs points de vue et d’ouvrir la créativité. » C’est, parait-il, plus efficace qu’un brainstorming, où la parole de chacun n’est jamais tout à fait libre.

ARTICLE PROVENANT DU HORS-SERIE MANAGEMENT DE L’ETE 2018